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Fidèle

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Posté le:
20 Jan 2010, 21:29 |
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F. B. a, hier, comparu devant le tribunal correctionnel pour avoir, le 15 novembre dernier, incendié un local à ordures au 14, boulevard Dieu-Lumière à Reims.
Le feu s'était propagé rapidement dans la cage d'escalier par les gaines électriques et d'importantes fumées avaient pénétré dans les 35 appartements de l'immeuble. Les sapeurs-pompiers, très rapidement sur place, avaient dû évacuer 26 personnes de l'immeuble et en transporter 13 vers le centre hospitalier car elles avaient été intoxiquées par les fumées.
À l'époque, la police n'avait pas beaucoup de pistes. Mais quelques jours plus tard, le jeune homme - qui lit le journal régional - se rend compte que le feu de poubelles qu'il a allumé avait eu des conséquences très importantes. Il adresse alors à la police un courrier dans lequel il avoue les faits.
Hier, F. B. a raconté comment il avait été excédé, la veille des faits, par des insultes de la part des collègues du restaurant dans lequel il effectuait un stage. Ne supportant plus ces moqueries, il avait erré durant la nuit et, le lendemain, vers 8 heures, avait décidé d'incendier le local à ordures repéré boulevard Dieu-Lumière.
Juste après avoir mis le feu à l'aide d'une boîte d'allumettes, le jeune homme est allé « arbitrer un match de foot », sans plus se préoccuper de son geste. « Je me rends compte que j'aurais pu tuer quelqu'un », a confié hier le jeune prévenu à la barre du tribunal correctionnel. Dans son dos, de nombreuses victimes, assises sur plusieurs bancs, écoutent avec étonnement ses explications. « Je voulais arrêter mon stage, être arrêté par la police, pour pouvoir arrêter de travailler. »
Déjà condamné :
Mais F. B. n'en était pas à son coup d'essai. Le 22 septembre 2009, il a, en effet, été condamné par le tribunal correctionnel de Reims à cinq mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve… pour des incendies criminels. Un expert psychiatre, qui a examiné l'incendiaire, a estimé qu'il ne « souffrait pas, au moment des faits, de troubles ayant altéré ou aboli son discernement ». Le médecin psychiatre a également relevé que F B « a été victime de harcèlement psychique au travail et, en raison de difficultés relationnelles évidentes, n'a pas su demander de l'aide ».
De nombreuses victimes avaient fait le déplacement à l'audience. La plupart, représentées par leurs avocats ont demandé le renvoi de l'affaire afin d'évaluer leur préjudice. Une femme est venue raconter comment, aujourd'hui encore, elle a « peur de tout, tout le temps ». Un autre occupant, malvoyant, s'est dit « heureux que les sapeurs-pompiers soient venus me chercher pour m'évacuer. Sinon, je ne serais peut-être pas vivant ». Le préjudice final sera très élevé, le syndic de l'immeuble estime déjà le sien à environ 200 000 euros.
Le procureur de la République Fabrice Belargent rappelle que le jeune homme a été condamné quelques semaines seulement avant l'incendie, pour des faits similaires. « Et il a recommencé. Je veux bien que l'on parle de sa détresse psychologique, mais dans cette affaire, on est au-delà. Qui nous dit qu'il ne recommencera pas à sa sortie de prison ? Il faut préserver l'intégrité de nos concitoyens. On a frôlé la catastrophe ce jour-là. »
Il requiert cinq ans de prison ferme, un suivi socio-judiciaire de dix ans et une interdiction de séjour à Reims pendant cinq ans. Me Régnier avait la lourde tâche de défendre FB. Elle a demandé aux magistrats de « ne pas le rayer de la société, ni de déplacer le problème ». Pour elle, ce sont « les carences affectives » dont a souffert le prévenu qui l'ont conduit à la pyromanie.
Le tribunal a condamné F B à quatre ans de prison ferme. Il a ordonné un suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec obligation de soins, obligation de travailler et d'indemniser les victimes. Si ce suivi n'est pas respecté, la peine supplémentaire à effectuer sera de deux
années.
source L'union |
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